vendredi 10 mars 2017

Dune du Pilat

La dune du Pilat1, située en bordure du massif forestier des Landes de Gascogne sur la côte d'Argent à l'entrée du bassin d'Arcachon, en France, est la plus haute dune d’Europe (hauteur en 2016 : 110,9 m2).


Localisation


Position de la dune dans l'entrée du bassin d'Arcachon.
Située à l'entrée sud du bassin d'Arcachon, elle s'étend sur 616 m d'ouest en est et sur 2,9 km du nord au sud et contient environ 55 millions de mètres cubes de sable, dans la localité de Pyla-sur-Mer qui dépend administrativement de la commune de La Teste-de-Buch, à proximité d'Arcachon, au cœur des Landes de Gascogne.

Topographie 


La dune côté forêt vue de son sommet (pente : entre 30 et 40°)
Les déplacements de la dune sont constants et étudiés par les scientifiques. Côté Est, la dune gagne sur le massif forestier, ensevelissant les arbres à une vitesse d'un à cinq mètres par an. Côté Ouest, l'évolution du trait de côte (limite des plus hautes mers) est variable. Le littoral Nord de la dune est soumis à une forte érosion, notamment lors des tempêtes hivernales. À l'inverse, l'érosion est faible ou quasi nulle ces dernières années le long du littoral Sud. La dune du Pilat est dissymétrique, avec une pente inclinée différemment selon sa position par rapport au vent. Ainsi, la face de la dune la plus exposée au vent (face Ouest, côté océan) est douce, de l'ordre de 5 à 20°, car les sables s'étalent lors de leur remontée vers le sommet. En revanche, la face côté forêt, à l'abri du vent (face Est), est plus raide, entre 30 et 40°.

Géologie 


Formations sableuses visibles sur le flanc intérieur de la dune.
Sur la carte géologique de la partie occidentale du Bassin aquitain et celle de La Teste-de-Buch, en particulier, on peut voir une formation géologique de la fin du Quaternaire qui porte le nom de « Sable des Landes » : il recouvre toute la région située autour du bassin d'Arcachon et s'étale au nord vers l'estuaire de la Gironde, à l'est vers la vallée de la Garonne et au sud vers l'Armagnac et l'Adour. À l'ouest, il est surmonté par une bande de dunes côtières plus récentes dont la dune du Pilat fait partie.

Sédimentologie des sables des Landes et dunaires 


Fouille de sauvetage sur un site protohistorique (octobre 2014) par Philippe Jacques avec prélèvements dans une épaisse strate de tourbes compactées.
La couverture de sable des Landes est composée :
  • à sa partie inférieure, d'une couche de sables, de graviers voire de galets, d'argiles parfois sableuses et plus ou moins graveleuses dont l'épaisseur atteint 100 mètres près du littoral et qui va en s'amenuisant vers les reliefs continentaux qu'elle recouvre plus ou moins ; ces sédiments ont été épandus par des fleuves et des rivières ; ils ont donc une origine fluviatile ;
  • à sa partie supérieure, de quelques mètres d'un sable fin composé de grains émoussés et dépolis, car éolisés, qui constitue le véritable « Sable des Landes » et qui provient du remaniement des sédiments fluviatiles qu'il surmonte.
Tout le relief de la zone côtière a été recouvert par ce sable qui s'est mis en place dans des conditions très arides, poussé par des vents d'ouest dominants de 20 000 jusqu'à 10 000 av. J.-C. environ. La fraction la plus lourde, les graviers, est restée près du rivage au large de la côte actuelle, tandis que les fractions les plus fines ont été entraînées très loin vers Blaye, l'Entre-deux-Mers et la Chalosse. C'est un sable très homogène (90 % des grains ont une taille comprise entre 0,1 et 0,5 mm ; le diamètre moyen des grains est de 0,3 mm). Cette homogénéité résulte du tri effectué par les eaux et les vents.
À côté des grains de quartz, on retrouve toujours dans ces sables, des minéraux dont la densité est supérieure à celle du quartz et qui portent le nom de minéraux lourds ; ils représentent 0,2 à 1,5 % du sable et se composent de minéraux ferrifères (75 %) mais aussi de tourmaline et de grenats. Ils existent dans tous les sables de la région aussi bien ceux du sol des Landes, que des dunes du littoral.
La région du bassin d'Arcachon et des étangs qui se trouvent au sud, CazauxParentis, a retenu l'attention des géologues qui recherchaient du pétrole dans cette zone autrefois si longtemps recouverte par les mers de l'ère secondaire. Ces travaux ont permis de parvenir ainsi à une meilleure connaissance de la géologie de ces terrains profondément enfouis sous les sédiments du Tertiaire et l'épaisse couche de sable qui s'est mise en place au Quaternaire récent donnant à ce pays son aspect géologiquement monotone. Par ailleurs, il est avéré que les côtes sableuses basses de la Gironde et des Landes où l'érosion, le transport et l'accumulation des sédiments forment les trois étapes indissociables de l'évolution du littoral et des systèmes dunaires, constituaient un modèle de choix auquel de nombreux géologues régionaux s'intéressent aujourd'hui. L'histoire des dunes de cette région, et du Pilat en particulier, s'inscrit naturellement dans le cadre de ces études.

Histoire 


Carte topographique du bassin d'Arcachon au xvie siècle

L'entrée du Havre d'Arcasson en 1731
L'emplacement actuel de la Dune du Pilat abritait des campements protohistoriques provisoires, pour des activités liées à l'exploitation du sel de mer. Les premières découvertes archéologiques commencent en 1982 3. Le 31 décembre 2013, un touriste trouve dans le sable, au pied de la dune, une urne funéraire4 et un vase accessoire datant de l'âge du fer5, 800 ans av. J.-C.
Un chantier de fouilles a mobilisé une dizaine d'archéologues amateurs pendant deux semaines, en octobre 2014, pour préciser le contexte stratigraphique et environnemental des découvertes signalées6. Un reportage photo est disponible sur le site de la Société Historique et Archéologique du Bassin d'Arcachon7.
Le nom Pilat, déjà présent sur les cartes de Masse (1708)8 et de Cassini (1786) avec le « petit bassin du Pilat », les « balises du Pilat », des « cabanes du Pilat » et la « grande passe du Pilat ou passe du Sud », correspondait à un lieu situé plus au sud de celui de la dune que nous connaissons sous ce nom et vraisemblablement au large de la côte actuelle. Nous sommes ici dans un pays de dunes mobiles et au fil du temps, le littoral et son relief ne cessent de se modifier, avançant vers l'est, vers l'intérieur des terres. Jusqu'au début du xxe siècle, le secteur du Pilat s'appelle « les Sabloneys » (littéralement « sables nouveaux » en gascon) et aucune route carrossable n'y mène.
Ce changement d'appellation a pour origine une opération immobilière. Lorsque vers 1910, le développement de l'habitat opéré sur la partie côtière de la commune d'Arcachon atteint le sud du Moulleau, les promoteurs immobiliers9qui convoitent des terrains sur la partie testerine qui prolonge la côte vers le sud, sont confrontés à un problème de taille : le territoire appartient à l'État qui ne veut pas vendre. En 1913, un de ces promoteurs, Daniel Meller, propose alors et obtient de l'administration une transaction : en échange de 463 hectares de terrain qu'il achète sur la commune de La Teste (sur les bords du lac de Cazaux), il obtient 143 hectares entre Le Moulleau et la dune du Pilat. En référence à la grande dune voisine qui forme un monticule de sable, il choisit de baptiser l'endroit « Pyla-sur-Mer ». Il crée la « Société Civile Immobilière de Pyla-sur-Mer » dans le but d'ériger « une ville dans la forêt ».
En 1928, un autre promoteur, Louis Gaume, crée « La société du Pilat-Plage » avec la Corniche, un ancien relais de chasse devenu lieu de villégiature privilégié des aristocrates et de la bourgeoisie où il construit de nombreuses maisons de style néo-basque10. C'est à peu près vers les années 1930 que le vieux nom « Sabloney » est remplacé par « dune du Pilat ». Aujourd'hui, « les Sabloneys » désigne une petite plage au sud de la grande dune.
Le nom officiel de la dune est « Dune du Pilat ». Cette dénomination vient d'un dérivé gascon du latin pīla11 signifiant tas, monticule. En revanche, la station balnéaire de Pyla-sur-Mer, à proximité de la dune, a été fondée dans les années 1920 par un promoteur immobilier qui a voulu lui conférer le prestige d'une consonance grecque (très en vogue à cette époque), en employant un "y" (sur le modèle des Thermopyles).

Tourisme et Préservation[modifier | modifier le code]

Vue panoramique de l'accès principal de la dune.
La notoriété de la plus haute dune d'Europe n'a fait que croître au cours des dernières décennies. Près de deux millions de visiteurs se hissent chaque année à son sommet, ce qui en fait l'un des sites naturels les plus visités de France avec la baie du Mont-Saint-Michel. Quel paradoxe quand on sait que les dunes ont été, jusqu'au xixe siècle, des lieux n'offrant qu'un « effrayant désert », comme le décrivait Nicolas Brémontier en 1806.
Le grand site n'en demeure pas moins un espace naturel fragile. Il fait l'objet d'un programme de préservation et de mise en valeur porté par des acteurs publics, dont le gestionnaire du site.
Plus de 6 800 hectares intégrant la dune et la forêt attenante sont classés au titre de la loi de mai 1930 sur les monuments naturels et les sites. Le classement est une protection forte au niveau national, ce qui n'exclut ni sa gestion ni sa valorisation. Le Syndicat mixte est membre du Réseau des Grands Sites de France. Ce réseau accompagne ses membres vers le label Grand Site de France.
Parapentes au dessus la dune.
Des sports de pleine nature sont présents sur le site notamment le parapente. Un parking payant, contribuant à la préservation du site classé, est situé au pied de la dune, côté forêt. L'accès à la dune du Pilat reste gratuit pour les piétons, les vélos et les transports en commun comme le bus Baïa.
Selon une étude menée par les cabinets NXA, Deloitte et l’Agence Scarabée, parue fin 2014, la plus haute dune d’Europe dégagerait entre 11 et 13 millions d’euros de retombées directes, et jusqu’à 168 millions d’euros de recettes indirectes16,17.

Bassin Arcachon



Bassin d'Arcachon


Vue d'avion du bassin d'Arcachon.

Les passes du bassin d'Arcachon.
Le bassin d’Arcachon (Laca d'Arcaishon en gascon) est une lagune mésotidale1 située dans les Landes de Gascogne, en Gironde, entre les villes de La Teste-de-Buch au sud, Lège-Cap-Ferret à l’ouest et le delta de la Leyre à l’est. Lui seul interrompt le cordon dunaire de 250 km de la Côte d’Argent, qui s'étend de l’estuaire de la Gironde au fleuve Adour. À la différence des grands lacs landais, il est largement ouvert sur l’océan Atlantique par l’intermédiaire des passes du bassin d’Arcachon et constitue une petite mer intérieure de 155 km² à marée haute et de 40 km² à marée basse. On y pratique l’ostréiculture, la pêche et la navigation de plaisance. Depuis le 8 juin 2014, il abrite le parc naturel marin du bassin d'Arcachon2.





Climat[modifier | modifier le code]

Le bassin d'Arcachon jouit d'un climat doux avec un ensoleillement important tout au long de l'année (2 100 heures en moyenne sur le bassin). Les hivers y sont pluvieux mais rarement rigoureux. Il neige toutefois une ou deux fois par an en général. En revanche, les tempêtes d'automne et d'hiver soufflent souvent avec force sur le bassin, rendant les passes impraticables. On a relevé plus de 170 km/h lors du passage des tempêtes Klaus en 2009 et Martin en 1999.
Les étés y sont secs et chauds, et rarement caniculaires. La brise thermique se lève en effet souvent l'après-midi, les épisodes de fortes chaleurs ayant du mal à persister dans la durée. De violents orages venus du golfe de Gascogne touchent épisodiquement le bassin (juin 1987, juillet 2003, septembre 2004), occasionnant parfois d'importants dégâts.
Les températures maximales moyennes varient de 11 ou 12 °C en hiver à 25 ou 26 °C l'été. La température de la mer dans le bassin est de 13 ou 14 °C alors qu'elle est en moyenne de 10 ou 11 °C dans l'océan en hiver. En été, le bassin se réchauffe pour atteindre jusqu'à 22 ou 23 °C alors qu'elle atteint 19 à 21 °C sur l'Atlantique.
La pluviométrie moyenne varie de 800 mm au Cap-Ferret à près de 1000 mm à Cazaux.


Patrimoine[modifier | modifier le code]

  • La forêt des Landes englobe le bassin d'Arcachon.
  • Le gemmage y fut pratiqué pendant plus de 2000 ans.
  • Les cabanes tchanquées sont des constructions sur pilotis implantées au milieu du bassin d'Arcachon sur l'île aux Oiseaux. Elles servaient à l'origine à la surveillance des parcs à huîtres.
Image panoramique
Cabanes tchanquées de l'île aux Oiseaux
Voir le fichier
  • Le phare du Cap-Ferret est point d'observation haut de 53 mètres d'où l'on peut admirer le bassin, l'océan et la forêt landaise.
  • La Ville d'hiver à Arcachon est un quartier situé sur les hauteurs de la ville. De nombreuses villas d'influence basque, mauresque ou anglochinoise y sont visibles. Les demeures de la Ville d'hiver sont classées site pittoresque. Si le front de mer et la ville d'été se sont développés grâce aux médecins vantant les vertus curatives de l'eau de mer, la Ville d'Hiver doit quant à elle son existence au sens des affaires de ces deux financiers avisés que furent Emile et Isaac Pereire.
  • Les ports ostréicoles entourent le bassin et sont typiques de la région (La Teste de Buch, La Hume, Gujan-Mestras, Le Teich, Andernos, Audenge, Arès).
  • Les pinasses du bassin sont des embarcations typiques17.

Informations Andernos

Population Andernos

196219681975198219901999200620112014
3 4724 6765 1195 9717 1769 25410 27811 20911 712


Lieux et monuments  

  • L'église Saint-Éloi était un relais du pèlerinage de Saint-Jacques-de-Compostelle. Bâtie sur les ruines d'une villa gallo-romaine du ive siècle (dont les vestiges sont en partie visibles à côté de l'église), elle date du xie siècle. Des photos des peintures murales des xve et xviie siècles de l'église sont disponibles sur la base Mémoire du ministère de la Culture16.
  • Logo monument historique - rouge ombré, encadré.svg Les vestiges gallo-romains situés dans l'ancien cimetière, à proximité de l'église Saint-Éloi, ont été classés à l'inventaire des monuments historiques en 193317.
  • Près du centre-ville, la villa Ignota, construite entre 1895 et 1908, présente les caractéristiques de l'architecture balnéaire de la fin du xixe et du début du xxe siècle. Propriété de Louis Théodore David, maire d'Andernos de 1900 à 1929, laissée à l'abandon à son décès, elle a été acquise par la municipalité et restaurée en 1978. Aujourd'hui centre culturel appelé « Maison municipale Louis-David », elle abrite le musée de la ville où se trouve conservée une partie des vestiges retrouvés sur le site des ruines gallo-romaines ainsi qu'une collection de monnaies anciennes, des archives municipales et des manuscrits. Elle accueille aussi tout au long de l'année de nombreuses expositions de peinture et d'arts plastiques. Cette villa est entourée par le parc « Louis-David », ou l'on peut voir la tombe de Louis Théodore David réalisée par le célèbre sculpteur des années 1930 Raymond Delamarre.
  • Site naturel des Quinconces : Les Quinconces furent un lieu de promenade fréquenté, entre autres, par Sarah Bernhardt lors de ses séjours à Andernos-les-Bains. Ce site reste l'un des derniers espaces naturels à avoir résisté à l'urbanisation intensive des 50 dernières années.
  • La jetée d'Andernos-les-Bains est la plus longue du bassin avec ses 232 mètres. De là, on peut voir les cabanes tchanquées ainsi que l'entrée du bassin d'Arcachon.


Patrimoine culturel 

La ville dispose d'une médiathèque et compte plusieurs associations culturelles :
  • un club de théâtre ;
  • un club d'œnologie ;
  • un club d'échecs, de bridge, de tarot ;
  • des clubs de danse, d'histoire, de peinture.
Depuis 2012, l'office de tourisme s'est doté d'un site internet permettant de découvrir toutes les beautés de la ville : http://tourisme.andernoslesbains.fr/

Personnalités liées à la commune

  • Sarah Bernhardt a séjourné à Andernos au début de la Première Guerre mondiale (de septembre 1914 à octobre 1915) avant et après son amputation à Bordeaux le 22 février 1914.
  • Toulouse-Lautrec a résidé chez la famille Wurtz (aujourd'hui camping de Fontainevieille) avant d'aller à Taussat (lettres à sa mère).
  • David Allègre (1786-1846), châtelain d'Arès, inventeur du premier chalutier à vapeur au monde, a été conseiller municipal, conseiller général, juge de paix.

Héraldique et logotype 

Héraldique

Armes
Les armes d'Andernos-les-Bains se blasonnent ainsi :
« D'azur au voilier d'or voguant sur une mer de sinople chargée d'un dauphin nageant cousu du champ, la queue contournée, au soleil aussi d'or mouvant de l'angle senestre du chef, au chef cousu de gueules chargé d'un léopard d'or »

Logotype

Sur la base de l'initiale A du nom de la commune, le logotype rappelle la forme du bassin d'Arcachon et un point orange précise l'emplacement de la ville sur le bassin.
Texte sous le nom de la commune :
« Je m'y sens bien ! »

Liens externes

Alice raconte son enfance